La sécurité d'abord, et sur un site de frappe les dangers spécifiques sont les munitions non explosées, les frappes secondaires visant les intervenants, l'effondrement des structures et l'incendie. Les sous-munitions non explosées ne ressemblent pas à des bombes ; elles ressemblent à de petits objets au sol. Ne touchez à rien, ne déplacez rien, marquez l'emplacement et informez les autorités.
Ce qu'il faut consigner, et approximativement dans cet ordre :
- L'endroit où vous vous trouvez, de manière probante. Une position GPS, et séparément une photographie qui inclut un repère fixe reconnaissable — un panneau de rue, un numéro de bâtiment, une silhouette urbaine caractéristique. Les métadonnées peuvent être supprimées ou mises en doute ; un repère dans le cadre ne le peut pas.
- Quand. L'heure affichée sur votre appareil et, si possible, un élément visible dans l'image qui la fixe indépendamment : une horloge, un journal, la position du soleil et des ombres.
- La scène dans son ensemble avant les détails. Parcourez le site en réalisant une vidéo continue avant de prendre des images fixes. Une visite filmée continue et non montée est beaucoup plus difficile à contester qu'une série de photographies distinctes.
- Le point d'impact — le cratère ou le point d'entrée — avec un objet de référence placé à côté. Une règle si vous en avez une, un objet courant de taille connue dans le cas contraire.
- La direction de la trajectoire. La forme du cratère, le schéma de projection, les dommages sur les murs environnants et la direction de la fragmentation indiquent tous d'où la munition est venue. Photographiez le schéma plutôt que de l'interpréter.
- Les vestiges. Fragments, parties arrière, marquages, numéros de série. Ne ramassez rien. Photographiez sur place, avec une référence d'échelle, sous plusieurs angles, y compris toute inscription ou numérotation.
- Ce qui se trouvait là. La nature du bâtiment et son usage. La signalétique, les entrées, un panneau indiquant un hôpital ou une école, les équipements d'une aire de jeux, les devantures de magasins, la présence ou l'absence de véhicules ou de positions militaires. C'est ce qui permet plus tard de distinguer une cible licite d'une cible illicite, et c'est la partie qui n'est le plus souvent pas photographiée.
- Les personnes. Les victimes uniquement avec la dignité qu'exigent les protocoles et avec leur consentement lorsque celui-ci est possible. Les témoignages, recueillis séparément, dans le respect des règles de sécurité de la leçon précédente.
Ne rangez pas, ne déplacez pas et ne reconstituez rien. Ne mettez pas en scène une photographie. Une seule image arrangée discrédite tout le reste du même dossier.
Sources. OHCHR, Berkeley Protocol on Digital Open Source Investigations, https://www.ohchr.org/ ; OHCHR, Minnesota Protocol (site and scene documentation), https://www.ohchr.org/sites/default/files/Documents/Publications/MinnesotaProtocol.pdf ; Eurojust and Genocide Network, Documenting international crimes and human rights violations.